Posté le mercredi 11 février 2026 à 14 h 45 min
Auteur : Jake Leslie
Il y a des équipes qui acceptent la défaite. Et puis il y a celles qui la repoussent jusqu’à la dernière seconde, presque par principe. À Londres, Manchester United a arraché un nul précieux face à West Ham (1-1), prolongeant à neuf matches sa série d’invincibilité sous Michael Carrick. Un point conquis dans la douleur, dans l’obstination, et finalement dans l’explosion.

Le héros s’appelle Benjamin Šeško. Cinq buts en six matches désormais pour le Slovène, qui a encore choisi le moment le plus étouffant pour frapper : la sixième minute du temps additionnel.
United avait pourtant commencé avec autorité. Maîtrise du ballon, rythme contrôlé, volonté d’installer le jeu dans le camp adverse. Mais West Ham traverse lui aussi une période faste et ne concède rien dans l’entrejeu.
La première véritable alerte vient de Crysencio Summerville en pleine réussite ces dernières semaines. L’ailier repique et déclenche une frappe lourde que Senne Lammens détourne avec assurance. Le ton est donné : le moindre espace sera exploité.

Dans ce match serré, Bruno Fernandes reste la source principale d’inspiration. Sur corner, son service trouve la course de Luke Shaw, tout proche d’inscrire son premier but en championnat depuis deux ans. Mais Aaron Wan-Bissaka, ancien de la maison, sauve in extremis sur sa ligne. Ironie du sort.
La première période s’achève sans but, sans temps additionnel, comme si le match retenait encore son souffle.
West Ham revient plus tranchant. Jarrod Bowen accélère, combine avec Tomas Soucek et centre à ras de terre. Le Tchèque conclut de près (1-0), devenant au passage le meilleur buteur tchèque de l’histoire de la Premier League.

United est touché, mais pas abattu. Cette équipe sait qu’elle marque presque toujours à l’extérieur. Elle sait aussi qu’elle a déjà renversé des situations compromises ces derniers mois.
Casemiro pense égaliser sur un centre délicieux de Kobbie Mainoo, mais la VAR refroidit les ardeurs mancuniennes pour une position de hors-jeu millimétrique. Carrick réagit immédiatement : Leny Yoro, Šeško, puis Joshua Zirkzee entrent. Le match bascule territorialement.

Les centres se multiplient. La pression s’installe. Zirkzee croit tenir l’égalisation à la 93e minute, mais sa tête passe à quelques centimètres du poteau. On croit alors que l’instant est passé.
Mais United n’a pas terminé. À la 96e minute, Bryan Mbeumo déborde sur la droite et adresse un centre tendu. Šeško surgit devant Axel Disasi et dévie en extension. Le geste est rapide, instinctif, presque brutal. Le ballon finit au fond.

Le stade se fige. Le parcage rouge explose.
Il restera une dernière tentative d’Amad, sans conséquence. Le coup de sifflet final entérine le nul.
Ce n’est qu’un point. Mais c’est celui d’une équipe qui refuse de tomber, d’un entraîneur dont la dynamique s’affirme, et d’un attaquant qui a développé ce don rare : apparaître précisément quand tout semble déjà écrit.

Sous Michael Carrick, Manchester United n’a peut-être pas encore retrouvé sa splendeur passée. Mais il a retrouvé quelque chose d’essentiel : la certitude que le match ne s’arrête jamais avant lui.

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