Les
nouvelles économiques de United
Septembre 2006
23/09
: Evolution de la dette de MUFC
Difficile
de suivre l’évolution
de la dette contractée par Malcolm Glazer dans l’achat
de MUFC. Cependant, le milieu des finances anglais ainsi que les
politiques suivent, eux, l’affaire de très près,
car ces derniers s’inquiètent sérieusement
d’une
main mise progressive par des capitaux étrangers des clubs
anglais dont certains font partie du « patrimoine national » de
la veille Angleterre.
Ainsi, Aston Villa vient-il d’être racheté par
le magnat américain, Lender, dont la fortune personnelle
est largement supérieure à celle de Glazer. Mais
il y a aussi West Ham, Portsmouth et même Liverpool autour
desquels rôdent des prédateurs financiers. Quant à Arsenal,
il s’est également sérieusement
endetté pour construire son nouveau stade en l’hypothéquant
sur les recettes futures de la billetterie.
C’est également par ce biais que Malcom Glazer a
réussi à faire étaler la dette qui l’étranglait à court
terme. Il était urgent pour lui de le faire puisque le
remboursement annuelle de ses prêts aux banques atteignait
un niveau intenable au regard des recettes à court terme
espérées par le club. On comprend ainsi rétrospectivement
que Glazer a pris tous les risques financiers en mai 2005 pour
s’accaparer Man Utd. On se demande toujours pourquoi un
pari si fou que David Gill, le directeur du conseil d’administration
de l’époque avait qualifié d’hostile
en mars 2005, ce qui en terme financier signifie « danger » pour
la pérennité d’une entreprise.
Durant l’été, les conseillers financiers
de Glazer ont réussi à obtenir un rééchelonnement
de la dette en faisant un prêt hypothéqué sur
les recettes « billetterie » du club selon le même
montage financier qu’Arsenal. Ce prêt permet de rembourser
un des prêts initiaux qui était à 20% d’intérêt
par an et d’adoucir le remboursement mensuel de 20M£ sur
une plus longue période.
Est-ce
que cette gymnastique financière permettra à Glazer
de réussir son OPA et de refaire de MUFC un club prospère
(lui-même étant dans l’incapacité d’injecter
de l’argent frais) ?
L’entreprise reste hasardeuse. Elle est « totalement » conditionnée à la
réussite sportive du club, avec l’espoir qu’elle
entraîne automatiquement l’augmentation du nombre
d’abonnés, l’abonnement ayant l’avantage
d’encaisser les recettes avant d’avoir fait les dépenses
et de faire bonifier l’argent. Cette stratégie a été développée
cet été à l’occasion de l’ouverture
de la nouvelle tribune, le club incitant les inscrits à One
United ainsi que les branches de supporters à prendre
plutôt un abonnement.
Mais
il s’agit là d’une condition nécessaire
mais pas suffisante. Il faut également comme toute entreprise
rechercher des économies de fonctionnement qui se font
généralement sur la masse salariale. Cela concerne
aussi bien le personnel administratif (des licenciements ont
déjà eu lieu) que le personnel sportif ( ce qui
pourrait expliquer le nombre important de prêt de joueurs
durant le mercato d’été et le faible niveau
de recrutement permettant de faire une recette de 2M£ au
lieu des 25M£ annoncés par David Gill pour recruter).
Si le succès sportif n’est pas au rendez-vous ou/et
si les sponsors ou les droits TV ne suivent pas (ce qui est lié au
succès sportif), un scénario pourra être
de vendre à bon prix certains joueurs comme Rooney ou
Ronaldo, avec le risque d’affaiblir l’équipe
et donc de réduire d’autant les chances de bons
résultats, un vrai cercle vicieux auquel sera sûrement
confronté Ferguson ou son successeur dès le mercato
d’été 2007 si aucun titre n’est gagné.
Sachant qu’il n’y a que trois titres vraiment lucratifs
que se partagent chaque année quelques clubs plus ou moins
dans la même situation : le championnat, la champions league
et la Fa Cup, on mesure bien que le modèle économique
du football est fragile. D’où la tentation de tricher
comme l’ont fait les dirigeants de la Juventus, car la
glorieuse incertitude du sport fait du football un bien marchand
qui
présentera toujours un risque financier élevé pour
le propriétaire d’une club. C’est pourquoi
les propriétaires ont jusqu’à présent été plutôt
des mécènes (comme Abramovitch). Le retrait de
certains clubs anglais de la bourse actuellement traduit ce constat.
Le football rapporte peu aux actionnaires alors qu’il rapporte
davantage aux sponsors qui gagnent en image (qui connaissait
AIG jusqu’à cet été ?). D’ailleurs,
une tendance est que les sponsors deviennent propriétaires.
Pour Glazer, face à l’impossible équation économique,
il lui restera dans les deux ans à venir à augmenter
le prix des places déjà élevées par
rapport à d’autres clubs européens mais dans
la moyenne en Angleterre (mais si les résultats ne suivent
pas, les abonnés resteront-ils fidèles ?) ou encore
la possibilité de vendre le stade ou de le renommer au
nom d’un sponsor, solution qui a fait rumeur. A moyen terme
se profile une hypothétique création d’une
ligue européenne issue du G14 qui pourrait s’avérer
très lucrative, notamment via les droits TV. L’auteur
de ces lignes pense qu’il s’agit du pari fait par
Glazer, se fondant sur le modèle économique américain
du championnat de football américain qu’il connaît
bien. Mais l’UEFA se laissera-t-elle manger par le G14
?
Pour les supporters, MUFC est devenu un club à l’avenir
incertain alors qu’il était brillant, ce qui justifie
la colère de certains et leur souhait que celui par qui
le mal est arrivé échoue rapidement. D’autres
ont crée une fondation : MUST, sur les cendres de l’association
des actionnaires supporters, espérant jouer un rôle
au moment inéluctable où Glazer devra partager
MUFC ou revendre (mais dans combien de temps ? un an , deux ans,
cinq ans ?). Souhaitons qu’il le fasse avant que la fuite
en avant soit irréversible comme Leeds l’a connu
et qu’elle oblige les repreneurs à tout reconstruire.
Enfin, une fraction a préféré quitter le
navire et revenir aux sources en créant un club : FC United
of Manchester.
En attendant, tous ces supporters portent toujours Man Utd dans
leurs cœurs. Tous ont au fond d’eux mêmes toujours
envie que le drapeau rouge flotte haut dans le ciel du football
- We keep the red flag flying high – Tous savent qu’un
club comme Manchester United survivra quoiqu’il arrive – We’ll
never die- Tous doivent rester derrière Man Utd pour influencer
sa destinée.
Bilan du mercato :
Arrivée
:
Michael
Carrick (Tottenham) £14m
Tomasz Kuszczak (W.B.A.) prêt et achat en 2007
Total: £14m
Départ
:
Ruud
van Nistelrooy (Real Madrid) £11m
John Obi Mikel (Chelsea) £6m*
Jonathan Spector (West Ham) £500k
Sylvan Ebanks-Blake (Plymouth) £250k
David Bellion (Nice)
Gerard Piqué (Zaragoza) prêt
Guiseppe Rossi (Newcastle) prêt
Chris Eagles (NEC Nijmegen) prêt
Lee Martin (Rangers) prêt
Phil Bardsley (Rangers) prêt
Tim Howard (Everton) prêt
Ben Foster (Watford) prêt
Adam Eckersley (Brondby) prêt
Jonathan Evans (Antwerp) prêt
Danny Simpson (Antwerp) prêt
Darron Gibson (Antwerp) prêt
Fraizer Campbell (Antwerp) prêt
Luke Steele (W.B.A.) prêt
Paul McShane (W.B.A.) prêt
Quinton Fortune (Bolton) libre
Liam Miller (Sunderland) libre
Markus Neumayr (Duisburg) libre
Mads Timm (Odense) libre
Mark Howard (Brondby) libre
Eddie Johnson (Bradford) libre
Phil Picken (Chesterfield) libre
Colin Heath (Macclesfield) libre
Tommy Lee (Macclesfield) libre
Total: £17.75m
Balance: £3.75m