10/06/2006
Sir
Alex Ferguson, une main de fer dans un gant de velours
Il
vient d’achever sa 20ème saison à la tête
de Manchester United. Une longévité unique dans le
monde des entraîneurs de football. Son palmarès est également
unique : 8 titres de champions, 5 FA cups, une coupe d’Europe,
une Uefa coupe et cette saison la Carling Cup, soit 18 titres dont
deux doublés et un triplé historique.
Pour durer et gagner, le secret de Sir Alex : une main de fer dans
un gant de velours.
Pour l’illustrer, il suffit de suivre la partie de bras
de fer à propos de Wayne Rooney. Elle traduit vingt ans
de relation tendue entre Sir Alex et la FA. Sir Alex Ferguson a
compris rapidement que, dans le monde, du football, il fallait
se faire respecter.
Dés la blessure de Rooney, Alex Ferguson met la pression
pour éviter un retour prématuré de Rooney
sur les terrains qui pourrait ruiner la santé du joueur
prodigue. Alex Ferguson s’est toujours positionné en
défenseur de ses joueurs. Giggs, Cantona, et d’autres
parlent de lui comme d’un père, pour le moins comme
un protecteur. A contrario, il est inflexible lorsque l’équilibre
de l’équipe est menacé. Il n’hésite
pas à écarter ses fils adoptifs (pour ne pas dire
les répudier) comme David Beckham.
En protégeant Rooney, il affronte une veille connaissance
avec qui il semble entretenir un certaine inimitié : Brian
Barwick, le patron de la FA. Brian Barwick est aussi l’ancien
responsable des sports de la BBC et notamment de son émission
phare « Mach of the day ».
Sir Alex Ferguson a tranché, il y a quelques années.
Il n’accordera plus d’interviews à la BBC. C’est
un documentaire s’intéressant aux activités
de son fils, Jason, agent de football qui lui a fait définitivement
coupé les ponts avec cette chaîne de télé qui
a dérangé à ses yeux l’équipe
par ses analyses et ses critiques.
Peut-être la réconciliation viendra avec l’arrivée
de David Gil dans le comité exécutif de la FA, en
lieu et place de David Dein, vice-président d’Arsenal.
En attendant, Sir Alex Ferguson, dont le
contrat est maintenant renouvelé chaque année, gère son groupe avec
une autorité paternaliste, qui parfois déstabilise
les supporters. Il apparaît ainsi sans pitié contre
les joueurs qui ne répondent pas présent (n’est-ce
pas Fabien Barthez) ou qui prennent trop d’importance dans
le groupe comme Roy Keane cette année, et contre es dissidents
comme Ruud Van Nistelrooy en cette fin de saison.
Les colères de Sir Alex dans les vestiaires sont souvent évoquées
même si cela ne transparaît pas beaucoup. Personne
n’a oublié la chaussure qui a volé dans la
tête de Beckham et les points de suture qui en ont résulté après
une défaite contre Arsenal dans la Fa cup 2002.
Les incidents avec les entraîneurs adverses sont également
légion, particulièrement avec Arsène Wenger
qu’il juge un peu trop intellectuel, lui l’autodidacte.
On comprend mieux alors pourquoi Ferguson
a finalement choisi de se rallier au nouveau propriétaire, Malcolm Glazer, plutôt
que de suivre les supporters, qu’il a toujours défendu,
dans une forme de dissidence. Parce que ses deux hommes on ces
points communs : autoritaire, paternaliste, autodictate, ambitieux.
Ferguson a décidé de maintenir le cap, coûte
que coûte, pour que la famille Manchester United, reste unie
quitte à renier ceux qu’il a aimé, voire
maintenant à les ignorer comme il ignore superbement Fc
United.
Une main de fer dans un gant de velours à ne
pas en douter.