L'HISTOIRE ECONOMIQUE DE MANCHESTER UNITED
Cinquième Partie
1999-2005
L'OPA REUSSIE GLAZER
Manchester United est un club prospère et devient en quelques
années le club de football anglais, le plus riche du monde.
Un club qui, en 2003-2004, a réalisé un chiffre d'affaires
de 169,1 millions de livres et est parvenu à dégager
un résultat imposable de 28 millions de livres (soit 16,5
% du chiffre d'affaires). Un cas quasi unique de réussite économique
durable dans le secteur du football. Grâce à un contrat
en or signé en 2000 avec Nike qui succède à Umbro,
le club a externalisé son merchandising, mais reçoit
en échange 303 millions de livres assurés sur treize
ans et la moitié des bénéfices issus des ventes.
Soutenue par 75 millions de supporters revendiqués de par
le monde, c'est un énorme potentiel compte tenu des marchés
qui restent encore à conquérir : l'Amérique
et surtout l'Asie.
Cette potentialité n’ a pas échappé à Malcolm
Glazer.
Fils d'un immigré lituanien peu fortuné, Malcolm
Glazer grandit à Rochester, dans l'Etat de New York, et
commence à travailler à l'âge de huit ans dans
la fabrique familiale de pièces détachées
pour montres. A la mort de son père en 1943, il prend les
commandes de l'affaire et la développe. Avec le succès,
il commence à investir son argent, d'abord dans l'immobilier
d'entreprise, avant de se diversifier tous azimuts, du poisson
aux maisons de retraite en passant par les chaînes de télévisions
locales, la restauration rapide, la banque et le pétrole.
Au tournant des années 80, il fonde la holding First Allied,
qui chapeaute ses différentes activités et n'est
pas cotée en bourse. Au fil des années, il étend
son empire immobilier dans 19 Etats américains, principalement
dans la moitié est du pays, et amasse personnellement plus
d'un milliard de dollars, ce qui le situe à la 278e place
du classement 2004 du magazine américain Forbes des plus
grandes fortunes mondiales.
Malcolm Glazer fait son entrée dans le sport en rachetant
en 1995 le club de football américain des Tampa Bay Buccaneers,
une franchise de la célèbre National Football League
(NFL). Quatre ans plus tard, le club remporte le Super Bowl, la
finale du Championnat, pour la première fois de son histoire.
Malcolm Glazer a des visées plus large. Dès les années
2000, il prend des actions à Manchester United à hauteur
de 6% et commence à grignoter actions par actions. On commence
alors à parler d’OPA. Mais l’actionnaire majoritaire,
avec 28,9% des actions est alors la société Cubic
Expression, appartenant aux propriétaires irlandais de chevaux
de course John Magnier et J.P. McManus. On les dit amis de Ferguson
et donc on a conclu attivement qu’ils sont attachés
au club mancuniens. Début 2004, l'américain relance
les spéculations sur sa prise de Manchester United Plc en
portant sa participation au capital de United de 18,25% à 19.17%.
En mars, il déclare qu'il n'a pas de plan pour faire une
OPA sur United mais les rumeurs courent.
Effectivement, en octobre, Manchester United annonce que Malcolm
Glazer Family Limited Partnership possède en réalité,
au jour 72 441 888 actions soit environ 27.63% du capitale du club.
A ce moment, le nombre total d'actions de Manchester United est
de 262,187,628 pour une valeur de 2£75 soit une valeur de
720M£. La famille Glazer entame alors les premières
discussions avec Cubic Expression et avec le club. Malcolm Glazer
possède alors 25,5%. A partir de 30%, il peut lancer une
OPA. L’action passe à 285 pence. Glazer propose l’action à 3£ aux
propriétaires de chevaux.
Les supporters sortent du bois et crient « Not for Sale ».
Le risque d’OPA se précise mais le conseil d’administration
de Manchester United décrète cette OPA hostile car
elle pourrait endetter lourdement le club.
En février, la menace se précise. Plus de 6000 supporters
manifestent avant le match contre l’AC Milan et envahissent
symboliquement le Mégastore.
Des
soutiens se manifestent dont Sir Alex Ferguson : "Nous
ne voulons pas que le club soit au main de n'importe qui. Shareholders
United est une chance. J'invite fortement les fans à les
rejoindre", Eric Cantona "Si Glazer met les pieds ici,
nous perdrons beaucoup ou Ole Gunnar Solsksjaer "Je suis du
côté des supporters et j'estime que le club est
pour l'instant dans de bonnes main."
Pour en finir, le Conseil donne l'ultimatum au 17 mai à Glazer
pour faire une offre définitive aux actionnaires, estimant
que l'incertitude qui plane n'est pas bonne pour le club. "Nous
avons déjà dit que 300 pence par action était
un prix raisonnable mais que le plan de reprise et les niveaux
d'endettement prévus n'allaient pas dans les intérêts
de United", estime à ce moment David Gill, directeur
exécutif de MU, lors de la publication des résultats
du premier semestre 2004-2005.
Malcom Glazer lance alors mi-mai l’assaut final, par l'intermédaire
de Red Football Group, la structure financière qu'il a crée
pour acheter Man utd, un nouvel assaut pour devenir maître
du club. Car entre temps, il a fait lâcher prise à Cubic
Expression qui réalise une belle plue-value, puis l’entrepreneur
Harry Dobson (5% des actions). Détenteur de 76,2 % des actions,
il fait une offre d'achat de 300p par action aux actionnaires possédant
les 24,2% restant, offre à saisir avant le 13 juin.Glazer
espère retirer de la bourse le club le 22 juin. C'est la
banque Rotshild qui mène l'OPA pour le compte de Glazer.
Les supporters déclarent le deuil en s’appuyant
de noir pour la finale de FA Cup contre Arsenal.
David Gill est nommé directeur du club et Fergie reste manager.
Les fils de Glazer rentrent au conseil d’administration.
Glazer a emprunté à trois grands fonds de pensions
américains: Citadel Horizon, Perry Capital et Och Ziff,
lui prêtant 275M£ Si ces fonds de pensions ne sont
pas remboursés avant 2010, ils récupéreront
l'équivalent en action.
