Les
nouvelles économiques de United
Septembe 2007
Bilan
comptable du mercato d'été
Le mercato d'été 2008 à Man Utd a donc été assez
vivant avec en fin de course l'arrivée un peu rocambolesque
du joueur de West Ham, Carlos Tevez, le club apparaissant comme
celui ayant fait le plus gros effort financier, plus important
que son maître en la matière, Chelsea
La triplette Joel, Bryan et Malcolm Glazer, sans oublier Avram
Glazer, serait-elle devenue dépensière ?
Prudent sur son recrutement depuis deux ans
sous l'ère Glazer, Sir Alex Ferguson a usé du carnet de chèque
à hauteur de 100M€ pour enrôler quatre joueurs.
Est-ce
le résultat de la révision du business plan du club ayant abouti
à un rééchelonnement de la dette qui
s'élève à 1 millard d'euros ? Ce rééchelonnement ne date que
d'un an, suivant l'OPA sur le club d'un montant de 1 millard
deux cents euro. Il suit des discussions avec les
trois banques JP Morgan, Deutsche Bank et the
Royal
Bank of Scotland.
Ces
discussions ne sont toujours pas finis et d'autres plans seraient
à l'étude alors que des rumeurs courent
régulèrement sur le rachat du club.Elles visent notamment la
politique tarifaire qui a fait l'objet d'une belle polémique
lorsque les
abonnés ont découvert qu'ils devaient pour la saison 2007/2008
obligatoirement acheter les places de matchs de coupe.
En fait à y regarder de plus près, Man Utd n'a pas déboursé 100M€ alors
qu'il a encaissé 50M€ avec la vente de Richardson, Smith, Heinze
et Rossi. Pourquoi ?
Le
club le laisse croire et c'est de bonne guère en matière économique.
Le club avance qu'il bénéficie des profits inattendus réalisés
grâce à la très belle
saison 2006/2007. Profit
qui aurait doublé par rapport au 38M€ de profit réalisé en 2005/2006,
année qui avait bénéficié de l'arrivée du nouveau sponsor, AIG
(21M€ par an) et de l'augmentation des droits TV.
Le
club ajoute qu'il a aussi bénéficié de la nouvelle capacité
du stade et ansi d'une rentrée de 125M€ pour
les 29 matchs de championnat disputés à OT. C'est un des atouts
de Man Utd, celui de remplir son stade et derrière un merchandising
qui marche fort.
Les propriétaires de Man Utd avait d'ailleurs annoncé qu'une somme
de 40M€ pouvait être dépensée par an pour les transferts.
L'arithmétique
nous montre
que business is business et que le club est dans une stratégie
de profit en bonifiant les joueurs pour les revendre plus chers
et en limitant les achats de joueurs. C'est une stratégie qu'a
toujours eu le club. Ainsi, l'investissement pour 2008 serait
que de 10M€ en faisant le solde des
achats (100M€) et
des ventes
(50M€).
Car à
lire de plus près les clauses contractuelles, le bilan financier
peut être différent.
C'est ainsi que seulement 25M€ ont été déboursés pour l'achat
de Nani et d'Anderson (et non 55) car le reste est indéxé sur
le nombre de titularisation, de buts
ou de sélection internationnale. Idem pour Hargreaves dont le
débours n'a pas été à hauteur des 25M€ annoncés.
Quant à Tevez, il s'agit d'une forme de prêt
de deux ans sans que la teneur du contrat en relation avec son
agent, Kia Joorabchian, soit très claire.
En réalité, ce n'est donc pas 100M€ qui sont
sortis des finances du club mais plus probablement une somme
de l'ordre de 40M€.
Lors
du mercato 2006, seul Michael Carrick pour un montant de 27M€
était arrivé avec aussi un paiement différé
d'une partie selon les performances. Inversement, la vente de
Ruud
van Nistelrooy au Real Madrid pour 19M€ a rapporté davantage
grâce au titre gagné par les madrilènes. L'affaire John Obi Mikel
a aussi rapporté 20M€. sans oublié les départs de Phil Neville,
Tim Howard, David Jones, Jonathan Spector pour un total de
plus de 15M€
Bref,
derrière le football et l'aspect sportif des transferts, il
est difficile d'avoir un vrai bilan comptable
de toutes ces transactions. Man Utd sait s'y faire et cela fait
partie du football business. Où la pilule passe mal, c'est
sur le prix des places et leur augmentation encore prévisible
pour les saisons à venir.
Le
football reste un sport populaire, au sens où le "peuple" peut
aller voir un spectacle et y participer par ses encouragements.
En Angleterre, le prix des places devient aussi cher que celui
pour aller à un concert ou à l'opéra. Certes, le spectacle
est au rendez-vous mais l'avenir financier du football est
fragile si le "peuple" décroche.