L'HISTOIRE ECONOMIQUE DE MANCHESTER UNITED
Cinquième Partie
1991-1999
L'ENTREE EN BOURSE
Le passage en bourse du
club le 31 mai 1991 marque une profonde évolution dans le club avec la création
d’une structure à deux têtes : Manchester United
PLC (Public Limited Company) et MUFC.
Ce
passage en bourse est motivé par la recherche de fonds en ouvrant le capital pour
agrandir Old Trafford ( 10M£ sont nécessaires) et
aussi par la volonté de Martin Edwards de valoriser ses
parts pour mieux les revendre. 2 597 404 actions sont vendu pour
une valeur de 3£75.
Martin
Edward laisse alors la Présidence.
Le nouveau chairman est Sir Romand Smith, ancien patron du groupe
Rover. Il est secondé par P Kenyon ex-directeur de Umbro
comme directeur. David Gill, expert financier prend la direction
des finances du club. Cela marque l’arrivée de personnes
issues du mondes des finances et de la gestion d’entreprise.
Cette
entrée en bourse est d'abord un désastre. Seules
44 % des actions proposées trouvent preneurs, et, le premier
jour de cotation, le titre perd 17 %.
Le club entame alors une mue radicale. La direction décide de lui rendre
sa compétitivité sportive en s'appuyant sur un socle financier
solide. Elle s'entoure de financiers de la City, qui élaborent un projet
de développement basé sur la rigueur budgétaire. Alors même
que, partout en Europe, les clubs commencent à se lancer dans l'inflation
salariale, les salaires sont limités à 50 % du chiffre d'affaires.
L'idée est alors de réinvestir les bénéfices dégagés
par cette rigueur dans le développement du chiffre d'affaires par l'agrandissement
du stade et par l'élargissement de l'offre de produits dérivés.
L'élément sportif n'est évidemment pas oublié afin
que les clients, c'est-à-dire les fans, soient de plus en plus nombreux.
Ce pari, hautement risqué en 1990-1991, est finalement
relevé de main de maître. Entre 1990 et 1995, le chiffre
d'affaires est multiplié par 5,2 sans alourdissement de
la dette ! La réussite de ce démarrage repose d'abord
sur le capital de sympathie du club, qui, d'emblée, peut
trouver des clients un peu partout en Europe. Une situation que
Claude Boli explique par les succès passés du club,
ses joueurs charismatiques (Bobby Charlton, George Best, Dennis
Law) et le drame de Munich en 1958, où l'équipe fut
décimée dans un accident d'avion. La ferveur est
entretenue par les premières victoires sportives, en Coupe
des Coupes en 1991, puis, en 1993 et 1994, en championnat. Des
succès acquis à bon compte puisque l'entraîneur
Alex Ferguson, arrivé en 1986, s'appuie principalement sur
des joueurs issus du centre de formation, donc bon marché.
Enfin, le groupe utilise la Bourse pour lever des fonds et, notamment,
agrandir Old Trafford.
Ce
pari est
marqué par la création de sous-structure
: MUTV (en 98), MU travel, MU merchandising, MU International,
MU Finance (en 2001). En mars 2002, Sir Roy Gardner prend la
suite de Sir Smith. Martin Edwards a vendu progressivement
ses actions. Il n’en détenait plus que 17% en
2000 tout en restant majoritaire. En 2002, il ne lui en reste
plus que 6% qu’il vend. Il se retire du club définitivement
en 2003.
De
nouveaux actionnaires apparaissent qui sont issues de compagnies
davantage que d’individus voulant siégés
au Board. Ainsi John Patrick Mc Namus et John Magnier, éleveurs
de chevaux et amis d’Alex Ferguson. Sous la dénomination
de Cubic Expression, ils détiennent 8,7% des actions.
Le groupe BskyB apparaît avec 10%. Harry Dobson, fortune
de l’immobilier possède 6%.
L’arrivée
en bourse marque un tournant dans la vie du club. L’objectif
comme toute entreprise cotée est de satisfaire les actionnaires
et de produire des bénéfices. L’économie
prend le pas sur le sportif. Mais la logique économique
n’existe que par la logique sportive qui s’exprime à travers
les résultats du club.